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A Propos De Guermaz

  • Le cercle des amis de Guermaz
  • Abdelkader Guermaz est un peintre non figuratif de la nouvelle Ecole de Paris,l'ainé de la génération des fondateurs de l'art algérien moderne.

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 06:59

Décembre 2008


Février 1976 -  En compagnie d’un ami amateur de peinture, nous arpentons les rues du quartier Saint-germain, pénétrant, au feeling dans quelques galeries, lorsque nous tombons en arrêt devant la Galerie Entremonde. Parmi les toiles exposées, celles d’un certain Guermaz m’interpellent sérieusement. L’hôte des lieux, surgi de derrière un bureau et attentif à notre intérêt, ne tarde pas à nous entraîner dans les arcanes du peintre en nous proposant de le suivre au sous-sol où l’on peut apprécier l’ensemble de son œuvre disponible. Nous pénétrons dans ce monde mystérieux, comme on pénètre dans un lieu saint.

Je n’avais jamais acquis d’œuvre peinte, faute de moyens. L’urgence s’en fit sentir, là, maintenant.  En cette période hivernale, je communiais avec les tons chauds, riches, vitaminés, auxquels je suis particulièrement sensible, mais ils s’épanouissaient sur des toiles aux formats excessifs et pour mon appartement et pour ma bourse !

Aucune de ces merveilles ne viendrait dialoguer avec moi. J’allais renoncer quand mon regard fut attiré vers un format panoramique, de plus modeste taille, mais traité dans des teintes très différentes : bleu-gris-blanc. Nous restâmes longtemps face à face, cet espace et moi jusqu’à ce que je murmure enfin « Pause avant la dernière étape » Notre guide me regarda, consterné. Sans un mot, il décrocha l’œuvre, la retourna et nous pûmes lire «  Repos avant la lettre ». Aucun doute, la communication avait eu lieu. « Elle  est réservée- me confia-t-il- Une dame qui veut décorer son salon tout blanc.

Elle a trouvé que ces teintes conviendraient très bien à l’harmonie des lieux. Elle ne mérite pas un Guermaz »
Il m’a proposé un règlement en douze  mensualités. Je suis sortie en possession de mon trésor. Dans les jours qui ont suivi, j’ai composé ce poème qu’il m’inspirait.



LE REPOS AVANT LA LETTRE

(Pour une toile de Guermaz)

 

Drôle de repos

Avant la lettre

J'ai tissé blanc

J'ai tissé lent

Sur fond fenêtre.

En signes d'eau

Tenture ivoire

Le bruit du vent

S'engouffre au noir

Ride l'étang

Un bleu déchire

Un coin de mire....

 

...Métamorphose...

 

Le linceul se meut

L'espace chavire

J'étais là, je regardais,

Je me regardais

Dans mon histoire

...Je regardais l'histoire

Avec des yeux d'ombre

Démesurés

Hors de portée

Inscrits au delà du tissé

...Le repos, avec des yeux

Déliés insoutenables

Il fallait bouger

Avant qu'ils ne crèvent la toile

Qu'ils ne se séparent

Qu'il ne soit trop tard...

 

...Le vent, l'air

Entrent et sifflent

Par le bleu, par le noir

Les surfaces vibrent

J'entre en moi

Synthèse

Métamorphose accomplie

JE SUIS

 

La lettre est morte

                                                    Février 76.



Décidée à le lui envoyer, je demandai son adresse à mon « fournisseur », lui-même peintre, m’avait-il confié.

Il me pria de déposer ce courrier à la galerie en m’assurant qu’il transmettrait.


Une semaine plus tard, je reçus une carte de Guermaz, m’exprimant toute son émotion, clôturée par sa bénédiction. Ce courrier comportait son adresse et deux  chatons en illustration : Je possédais la paire équivalente chez moi !


Trois années plus tard, une invitation à une exposition Guermaz me fit reprendre le chemin de la Galerie Entremonde, accompagnée de l’ami, amateur du peintre.


C’était, je crois, un lendemain de vernissage, mais cette fois nous n’étions pas seuls. Malgré moi, j’écoutais les commentaires flatteurs des autres visiteurs. Au fond, du côté du bureau, j’entendais une voix de femme, un peu haut perchée qui chantait, avec enthousiasme, les louanges du maître, au sujet de conférences ou initiations qu’il aurait prodiguées en Italie.


Je voyageais dans une très grande toile exposée assez près de la porte d’entrée-sortie qui remplissait de temps en temps son office.


Quand mon regard quitta la toile pour se fixer sur la porte qui s’ouvrait je vis entrer un homme de petite taille, sec, serré dans un vêtement noir, le cheveu et l’œil sombres, l’allure vive, le teint pâle et parcheminé. Nos regards se croisèrent et s’attardèrent sans équivoque : « On se connaît » m’affirma-t-il. « Sans aucun doute » m’entendis-je lui répondre. Puis il se dirigea d’un pas ferme vers le fond de la galerie d’où s’éleva un concert d’exclamations.


C’était bien Abdelkader Guermaz et nous ne nous étions jamais rencontrés auparavant.


Edith Krausse

 

 

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 11:33

Après avoir pris connaissance du compte rendu de Pierre Rey, éminent collectionneur de Guermaz , ( Cercle , réunions et portrait du peintre ) , j’apporte mon grain de sel, à celui qui chez Entremonde avait reçu « la vision d’un autre monde ».


Mais quel monde ? Celui d’un « paysage mental », d’un « ailleurs » où il puisait son état contemplatif et intemporel , cette « rêverie de la matière » qui s’attachait à sa respiration même ,le dégageant des contingences sordides du quotidien, et aussi des apparences. En parcourant son œuvre, nous avons l’impression que sa main était guidée par cette « poétique de l’absolu » où chacun semble heureux devant un monde meilleur et où le fameux petit trou dans la toile en permettait l’accès à celui qui le méritait .


N’appelait-il pas les jeunes femmes « ses Princesses » qu’il parait des plus beaux bijoux de la terre, un cosmos dont il rêvait, celui de l’âme et du sublime !!! Merci Guermaz , votre monde est bien là où vous êtes, mais nous vous ressusciterons .


Michèle Moncey


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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 12:09
UNE BIOGRAPHIE DE GUERMAZ  ( 1919 - 1996 ) 

 

Quelle fut donc la notoriété de Guermaz, peintre non- figuratif algérien de la Nouvelle Ecole de Paris et l’aîné de la génération des fondateurs de l’art algérien moderne ? 

Maintes fois l’occasion nous a été donnée de rappeler que son œuvre fut déjà très remarquée

en Algérie lorsqu’elle fut présentée, tout au long des années 40 à 60, à la galerie Colline à Oran.  A Paris , où il s’établit en 1961, la critique la tint en très haute estime et lui consacra des textes souvent admirables de profondeur et de justesse, à l’occasion des expositions personnelles ou de groupe et des Salons auxquels il participa. 
 

On sait que celle ci n’eut plus  accès à son œuvre, au moment de la fermeture de la galerie  Entremonde dont il avait bénéficié de l’appui pendant dix années. Sa notoriété ne put que très gravement en souffrir.

Il ne cessa cependant pas de  faire évoluer son art en solitaire pendant quinze années jusqu’à son décès en 1996 et d’enchanter ses collectionneurs qui savaient où le rencontrer . 

On ne sous-estimera pas les efforts entrepris un peu plus tard , avec le concours de ses amis et collectionneurs, pour lui rendre justice et lui  redonner la notoriété qu’il avait acquise naguère : études et recherches, articles et études critiques, expositions organisées à l’occasion de l’Année de l’Algérie en France en 2003, création de sites Guermaz (http://www.guermaz.com) et d’un blog (http://guermaz.over-blog.com/) sur Internet. Mais aujourd’hui cette entreprise entre dans une nouvelle phase. 

Dans un article publié dans le grand quotidien  algérien  El Watan du 28 juin 2007,Mr Hamid Skif, poète,romancier talentueux et journaliste algérien, nous a fait part de son projet d’entreprendre l’écriture d’une biographie de Guermaz , « un travail ardu ,long et difficile, » dit il ,car, ajoutait il, «Guermaz , ouvert à la complexité du monde, avait aussi ses jardins secrets » ...  

La publication de cet ouvrage devait être aussi accompagnée de multiples actions de communication dont la  réalisation d’un documentaire ne serait pas la moindre...  

La conduite de ce projet a exigé de sa part de mener une enquête très fine auprès des amis et collectionneurs de Guermaz qu’il  poursuivra encore un certain temps, mais aussi d’établir de très nombreux contacts pour replacer la démarche du peintre dans son contexte historique, restituer sa personnalité dans sa complexité et donner à celle ci toute sa dimension. 

De même , ses rencontres  avec des personnalités du monde culturel lui ont permis d’entrevoir les possibilités qui lui seront offertes d’organiser, le moment venu , des manifestations d’hommage à Guermaz,, aussi bien en Algérie qu’en France

.

L’intention de Mr Hamid Skif, dont il nous a fait part récemment, sera bien d’écrire une biographie du peintre dont

l’approche aura la rigueur d’un témoignage mais sera aussi très ouverte. Elle permettra ainsi à ses amis de le retrouver et à un public assez large de le découvrir , sans lequel , estime t il, l’homme et l’artiste ne sauraient avoir la pleine reconnaissance qu’ils méritent.

La parution de ce livre devrait avoir lieu  au dernier trimestre de 2009. 


Pierre Rey      

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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 09:19

Quelques souvenirs d’Abdelkader Guermaz liés à notre vie

par Colette Rouillon

Septembre  2008

 

Nous avons découvert avec émotion en 1969 au CRDP à Orléans, où nous habitions, les toiles de Guermaz, blanches, avec des traces fissurées d’ombre, sensibles mais maîtrisées.

 

Chez des amis communs nous avions rencontré Marcel Reggui à l’origine de l’exposition  où elles étaient présentées aux Semaines Musicales d’Orléans. Celui ci nous a communiqué son  adresse au 26, quai du Louvre, un minuscule espace de vie sous les toits. Un seul petit tableau figuratif au mur, nature morte aux cerises, émouvante « mon premier tableau », disait il.

 

Par la fenêtre velux, Paris et ses toits sous la brume, berges et arbres estompés, un miracle de poésie de la couleur de ses toiles... Tout était bien rangé. Figure de l’artiste mythique dans l’ascèse, la solitude et la poésie.

 

Lui était bien présent dans une rencontre directe, simple. Portait il son gilet gris et cette écharpe indienne nouée au cou : par frilosité ? Petite coquetterie particulière ? Barbiche et regard d’aigle vif -un petit type gourou, mais sans le goût d’établir une domination sur l’autre.

 

Il posait sa personne. Il était.

 

Nous avons parlé succinctement de sa formation aux Beaux-arts d’Oran. Il sortit une petite valise de dessous de son lit et en extirpa une critique découpée dans l’Echo d’Oran. Il dit avoir été obligé de partir d’Algérie mais sans donner de détails.

 

Il parlait beaucoup mais sans donner de détails de sa vie intime ; pourtant confiant.

 

Il s’absentait longuement pour amener des tableaux de « chez Mademoiselle Rouault ».

 

Il parlait de son goût de la musique et en particulier de Debussy, d’une analogie entre certaines de ses peintures et de « La Cathédrale engloutie ».

  

            Je regretterai toujours d’avoir choisi trop vite une seule gamme de tableaux à dominante blanche. Notre bébé s’agitait un peu et nous ne voulions pas trop le déranger. Il insistait pourtant pour nous montrer «  autre chose ».

 

Nous avons choisi 4 ou 5 petits tableaux, il en a offert deux, dont un de 20x20 à notre bébé. « Il le gardera toujours » dit-il.

 

Attentif, généreux, presque gêné de vendre. Il disait qu’il fallait acheter les matériaux, que le dentiste était cher et l’opticien aussi... comme pour s’excuser.

 

Les peintres manipulent leurs tableaux avec moins de précaution que nous, nous le lui avons fait remarquer… Ne vous inquiétez pas ! Je suis sûr de la solidité de ma peinture, ce n’est pas comme beaucoup d’autres ! Il n’y en a pas d’autres qui encadrent comme ça ». C’était vrai que ses encadrements de bois étaient très habiles et soignés.

 

En présentant son travail il le jaugeait, parfois étonné de l’avoir oublié.

 

Puis nous avons quitté Orléans en 71 pour retrouver la région parisienne. Nous habitions à Châtenay-Malabry, banlieue sud. Plus proches, nous avons mieux suivi ses expositions à la galerie « Entremonde ».

 

Nous avons rencontré Guermaz chez nous, seul ou avec des amis, en particulier  Monsieur et Madame Reggui.

 

Après le vernissage, j’ai le souvenir d’une toile trop grande pour être transportée dans une auto. Mon mari et Guermaz l’ont portée sur la tête pour traverser la Seine par vent et pluie. Chahutée, elle s’envolait... « Ne vous inquiétez pas, elle est solide, elle résistera ! ».

 

Nous avons dîné chez le « Chinois » comme il en avait l’habitude (il était très fidèle aux lieux). Il avait très peu d’appétit, trop habitué à des repas irréguliers, simplifiés, pauvres... et se plaignait des dents.

 

Nous nous souvenons d’un repas jusqu’à 2 ou 3 h du matin. Un vrai flot de paroles. Il nous présentait ses recherches. Il écoutait, mais parlait, parlait... Il abordait les sujets touchant à la spiritualité, à la culture, avec intelligence, sensibilité, mysticisme, mais aussi pragmatisme et nous entretenait de techniques artistiques.

 

Il citait  Moïse, Jésus, le Bouddhisme, le Coran, le Livre des Morts égyptien, et les livres tibétains. Il croyait à la lévitation. Aucun syncrétisme, mais une quête de ce qui lui paraissait bon dans chaque chose. Mots simples pour des idées très fortes. Il y avait de la certitude dans la connaissance et dans la foi. Il respectait notre christianisme. Il nous a sensibilisés au Soufisme, sans trop le citer et sans s’en déclarer adepte. Il nous a ouvert des chemins au carrefour des grandes civilisations, sans aucun endoctrinement, leçon pour aujourd’hui. Il enrichissait nos croyances et notre éveil.

 

Guermaz était un homme cultivé, un excellent psychologue, un peu medium. Il était un Sage qui ne s’affirmait pas Sage. Il était éveilleur de conscience et avait le regard et la sensibilité de l’artiste.

 

En 1976, à la galerie « Entremonde », nous avons acheté une toile intitulée  « Falaises ». Nous l’avons tout de suite aimée et continuons à l’aimer pour sa luminosité particulière, son silence, sa matière blanche et nacrée, comme du sable fin du désert. Intime, singulière, émouvante, ses différents plans (ciel, terre, eau) sont unis par un lien de nature spirituelle. Dans les détails, dans les interstices, une subtilité de couleurs et des formes propres à l’Afrique du Nord, comme une mémoire émouvante, vibrante, et vive bien qu’enfouie... poésie pure… silence... Guermaz y est tout présent dans sa sensibilité pudique, son ascétisme, son mysticisme et son talent d’artiste, sans esbroufe, autre leçon pour aujourd’hui.

 

Nous n’avons jamais trop longuement parlé de l’Algérie, non par censure, mais peut être parce qu’après en avoir trop dit ou trop entendu nous avions envie de garder enfouis ces souvenirs douloureux pour tous. Il ne nous a jamais trop parlé de politique, mais il disait choisir  « ceux qui n’ont pas trop de hargne ou de haine dans leur visage... ». 

 

Nous avons quitté la région parisienne en 1977, pour Nantes puis Le Mans, Rennes et à nouveau Nantes en 1996. Pendant cette période nos relations avec Guermaz se sont maintenues par correspondance par « chats interposés »... puis un long silence. Nous avons été très touchés d’apprendre sa disparition en 1998 par un retour de courrier...

 

« Décédé ».

 

Ce n’est qu’en 2003, en arrivant trop tard à l’exposition Guermaz à Paris, que nous avons rencontré Pierre Rey qui nous a donné quelques précisions sur la fin de vie de notre ami et nous a entretenus des projets que d’ores et déjà les amis de Guermaz formaient pour faire sortir son œuvre de l’oubli.

 

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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 09:43

                                          GUERMAZ ET LA MEDIUMNITE   ( 25 /06/ 2008 )


-Qu’est  ce que la  « mediumnité » ? 

Le dictionnaire  Le Petit Robert  la définit comme «  le pouvoir de communiquer avec les     esprits » ou « pouvoir médiumnique ». 

Dans un paragraphe de l’interview  qu’a réalisé de lui Donato Rodoni- Paris- 1992 - Guermaz    aborde la question de la relation entre mediumnité et peinture. 

Pour lui  ,il y a ,dans le terme « médiumnité » , «  milieu » , «  intercession »,   «intermédiaire » :un medium est un homme comme tous les hommes,qui sert en quelque sorte d’intermédiaire  .Ce faisant, il se place dans le juste milieu. C’est un « medium ».

Mais, nous dit il , cette personne  qui se dit « medium », n’existe pas  en réalité à ce moment précis. Elle sert d’intermédiaire, elle « sert le   lien éthérique », selon une expression chère à Guermaz .

Elle nous permet d établir , ajoute t il, une relation avec autrui, si même la distance qui nous en sépare est grande. Mais , à ce moment même, cette distance n’existe plus .Nous sommes donc  le  moment même, ce que l’on appelle le « point instant ». Ce point n’est plus l’espace-temps habituel .Cet « espace » que nous créons est instantané. Il est l’ « ouverture ».

Mais il n’y a plus personne. Qu’est ce qu’il y a ? L’« Esprit ». 

C’est cet « espace intérieur » que le créateur «  transpose » sur la toile . 

-Guermaz a t il été «  medium » ? 

Oui, dans un certain sens .Il nous est rapporté qu’à la fin des années 6O il se livrait, dans un petit cercle d’amis, à des expériences de magie qui tenaient bien à son « pouvoir  mediumnique »...

Dans les années 72-73, il a participé à des conférences -débats sur «  Médiumnité et Parapsychologie », ou à des entretiens-débats sur le Zen.

Au cours des années 70 à 72, notamment, Guermaz a été aussi membre d’un Centre de Doctrine et de Science Spirite, dit aussi Spiritisme Christique, dont le fondateur a été , au milieu du 19ème siècle , Allan Kardec.  Il a participé régulièrement à ses réunions.

Rappelons que le Spiritisme est une Science occulte fondée sur l’existence , les manifestations et l’enseignement des Esprits.

.

Mais, plus fondamentalement, on peut dire que la notion de mediumnité a fait corps avec la  conception de l’œuvre picturale de Guermaz.

                                 

-Création et mediumnité 

Pour Guermaz en effet : «   L’artiste n’est que le véhicule qui réfléchit la lumière cosmique et la répand sur la toile ».

 Tel semble être le maître- mot de sa pensée. Sa conception  de la peinture est tout entière contenue dans ce petit texte. L’œuvre picturale naît  d’une  mise en relation du créateur avec le Cosmos.   Guermaz n’a-t-il pas dit  :

« Je savais fort bien que l’univers est en moi et que je suis l’univers ».

                                                                                                                                  Pierre Rey 

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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 05:08

G U E RM A Z 
La vie intérieure et l’œuvre  du  peintre , une  seule  Réalité. 


Dans un texte, retranscrit par nos soins, Guermaz écrit à propos de Georges Rouault :

« La vie et l’œuvre du célèbre peintre ne sont à vrai dire que deux aspects complémentaires d’une même Réalité. Elles coîncident en quelque sorte ».(cf. Pleins feux sur Georges Rouault) 

Ce  jugement qu’il porte sur la relation établie entre la vie intérieure  de Rouault  et son œuvre, il le porte aussi sur ce qui relie son œuvre personnelle à sa démarche spirituelle. 

Nous savons que son œuvre en est, pour l’essentiel, le témoignage  et l’accomplissement.

Guermaz le confirme et le souligne très longuement , notamment dans le texte, non publié, de l’interview que Donato Rodoni a faite de lui , dont nous donnerons ici quelques extraits significatifs. (Paris 1992). 

A cet égard il est intéressant de souligner que l’œuvre de Guermaz , qui est celle d’un mystique, aurait eu sa place,tout naturellement, parmi celles dont le Centre Pompidou a considéré   - dans sa grande exposition intitulée Traces du Sacré », ouverte du 7 mai au 11 août 2008  -qu’elles sont une des « sources de la modernité ».Guermaz retrouverait, à cet égard, une actualité ! 

Alfred Pacquement , commissaire général de l’exposition , et  Directeur du musée national d’art moderne /CIC   écrit en effet :

«  L’état actuel des recherches est sans aucun doute propice à une relecture de l’art occidental du XXe siècle à l’aune du spirituel ».

.

Jean de Loisy, commissaire de cette exposition , écrit aussi : « Nous voulons montrer la place de la spiritualité dans l’invention des formes modernes et contemporaines ».  .Il ajoute :

« Au XXe siècle, le « religieux » cède la place au « spirituel »,  aux grandes questions ontologiques qui sont réinterprétées par de nombreux artistes actuels ».

C’est le propos de l’exposition. – cf :Connaissance des Arts –no 360- 2008-Traces du Sacré. 
 


QUELQUES  TEXTES SIGNIFICATIFS DE GUERMAZ


L’œuvre   et  son  Créateur

(   Interview de Guermaz par Donato Rodoni  -Paris  1992   )

 


 

Le  tableau :

Il y a une œuvre, une œuvre qui restitue et le créateur et la création elle-même .Je suis le tableau et le tableau est mon rayonnement....il y a ce mariage spirituel, qui émane de l’esprit,     puisque la relation s’étend de la matière à l’esprit et de l’esprit à la matière... Le métier est nécessaire, mais  le fondement est intérieur.... Il n’y a donc ni extérieur ni intérieur. Il y a une œuvre ,une œuvre qui nous concilie tous, puisque l’œuvre, aussi bien pour celui qui la façonne,qui la crée ,que celui qui la regarde : c’est une seule entité.            
 
 

La composition du tableau :

La chose est fondamentale...li faut chercher des rapports de lignes, des rapports de courbes et de formes. Ces formes s’appellent aussi des plans... des plans et des lignes maîtresses qui s’enchevêtrent entre elles mêmes...et...qui font que le tableau est un tableau composé.

De même que l’on compose un décor, de même qu’il y a une composition musicale où l’on se sert d’éléments musicaux, c’est la manière de les répartir qui donne plus ou moins de bonheur,  une harmonie centralisée ou générale qui touche, qui touche peu ou qui touche beaucoup.. 

Une « harmonisation centralisée ou générale... » :

Dès lors que l’on arrive à une harmonisation générale, on peut dire qu’il y a un mariage, il y a une plénitude... c’est l’unité qui est belle, qui est savoureuse, et donc il n’y a plus d’amateur qui contemple,mais il y a simplement une contemplation qui unit et le peintre, le musicien et l’œuvre elle-même, qu’elle soit musicale ou picturale. 

A ce moment là on peut dire que la dualité est exclue ,... le sentiment touche le cœur et le cœur touche le sentiment. Alors il y a une sorte de religiosité, de relation entre l’œuvre et l’esprit , autrement dit l’alliage entre l’esprit et la matière, qui foncièrement ne font qu’un. 

Et dans ce sens on peut dire que le « un » n’est pas « un » pour lui-même qui appellerait             d’autres multiples, mais un « un » symbolique qui rassemblerait les multiples, qui sont autant de « signes » évocateurs. 

Un rayonnement cosmique réfléchi et répandu sur la toile :

Si l’on considère chaque époque, on peut dire qu’il y a une sorte de fluide pour chaque époque, et que le peintre, stimulé par cette aura, en quelque  sorte, par ce rayonnement cosmique, produit une œuvre, mais selon des  signes qui sont à la fois cosmiques et qui émanent aussi du créateur lui-même.

Là aussi on retrouve l’idée de relation... celle selon laquelle le peintre subit en quelque sorte

un envoûtement spirituel qui touche aussi bien l’œuvre que l’artiste..

Et dans ce sens , l’artiste n’est que le véhicule, en quelque sorte qui réfléchit cette lumière cosmique et qui la répand sur la toile. 
 

La méditation, grâce à laquelle le méditant « retrouve  son origine » , est devenue ,par étapes, la  source du pouvoir créateur de Guermaz . 

 

La conception de l’homme , du monde, et de l’œuvre  reflet de l’Unité primordiale, que nous révèle la lecture des textes de Guermaz  que nous venons de retranscrire, est dans le droit fil

de la pensée des grands maîtres du Soufisme , dont on pourra prendre connaissance, notamment, dans : Anthologie du Soufisme- Eva de Vitray-Meyerovitch-  Spiritualités vivantes ,Albin Michel, juin 1998.


                                                                                                                                 Pierre   Rey  

                                                                                      

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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 19:35

Le chantre de la lumière
de Hamid Skif

O

 

n a peu écrit sur Abdelkader Guermaz, le chantre de la lumière et de l´intériorité. Estce le fait qu´il était lui-même discret, peu disert sur son travail et son oeuvre et qu´il a vécu presque anonyme dans un Paris qui l´avait pourtant fêté après avoir reconnu son immense talent ? Guermaz a disparu en 1996 dans un dénuement inimaginable. Enterré dans un cimetière parisien, il est entré dans la légende. Et pourtant ce qui frappe, c´est qu´il demeure inconnu de la majorité des Algériens. Même dans les milieux cultivés, peu de gens le connaissent. Je prépare une biographie de Guermaz pour mettre en lumière son apport à notre peinture et sa vie qui, par bien des cotés, étonne avant d´émouvoir.Au cours de mes recherches, j´ai rencontré beaucoup de gens. J´ai été frappé par l´émotion que suscite en eux l´énoncé du nom du peintre. « Ce n´était pas un homme, m´a dit un témoin, c´était un saint.» C´est à force d´interroger les uns et les autres, de confronter leurs témoignages, que j´ai commencé à saisir les contours du personnage. D´aucuns le considèrent comme leur maître spirituel. Ils en parlent avec une émotion rare, un respect qui force l´admiration. J´ai, pour ma part connu Guermaz durant la Guerre d´indépendance, alors que j´étais enfant. Il habitait le quartier populaire de Medina Djedida qui m´a vu naître. J´avais, ce jour-là, accompagné mon père au restaurant de mon oncle Abdelmadjid. Guermaz, juché sur une échelle, peignait l´enseigne de l´établissement baptisé «Le restaurant de Tlemcen» Pourquoi de Tlemcen ? Je n´en sais rien. Je n´ai jamais eu l´idée de poser la question. Est-ce parce que le restaurant d´en face qui appartenait à Ahmed, l´aîné de mes oncles, s´appelait le restaurant de Boussaâda ? Le fait est que je fis connaissance avec Abdelkader Guermaz. L´image que j´ai gardé de lui ne m´a plus jamais quitté. C´est pour cette raison que j´ai décidé au début des années quatre vingt de lui consacrer un livre.

etc....

 

article paru dans Algérienews le 24/4/2008

lire la suite ici

PiBee

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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 12:53

NOTORIETE  DE  GUERMAZ-  (1919-1996)

   

4/4  Notoriété de Guermaz : aujourd’hui  et demain...

Il est tout à fait incontestable, nous l’avons bien montré, que  l’œuvre de Guermaz a été 

connue et appréciée en Algérie  au cours des années 45 et 50,  et a acquis  une très grande

notoriété ,  progressivement affirmée , au cours de ses années parisiennes de 1961 à 1981 !

 

Mais la critique n’y eut plus accès un jour de 1981 ,  lorsque la fermeture de le galerie

Entremonde  l’eut privé de l’appui  et de la visibilité dont il avait bénéficié pendant  dix .

années.   Il se fit alors oublier d’elle.

 On doit penser aussi que Guermaz , très discret de nature, le deviendra ,semble t il ,davantage

encore, et que tout attaché à  l’accomplissement de son œuvre, dans une démarche à la fois

 picturale  et spirituelle ,il n’aura ni le désir ni le pouvoir de s’imposer pour la maintenir en

 pleine lumière.

 Il ne cessera , par contre ,de la faire évoluer en solitaire pendant  quinze années, et

 d’enchanter ses collectionneurs qui savaient où le rencontrer au 26 Quai du Louvre.

 

Sa notoriété ne pouvait, malgré tout , que gravement en souffrir.

 

Dans un  article intitulé : « Guermaz, voyage au pays de la lumière »  et publié  dans Algérie

Littérature  /Action, no 65-66 de, novembre –décembre  2002 , Michel- Georges Bernard

 cite les noms d’éminents artistes et critiques ou historiens d’art algériens qui ont évoqué                                                                                            

 l’œuvre de Guermaz dans leurs écrits, Khadda en 1972, Tahar Djaout en 1981, Mustapha     

 Orif en1986 et Benamar Mediène en 1989 ,mais nous rappelle qu’Abdelkader Safir fut le .

 premier à insister plus précisément ,en 1992, sur l’urgence de mieux rendre justice à

Guermaz !

.

 

 Il nous  rappelle  également  qu’en 1993 , un article publié  dans  Ruptures  sur

Guermaz  l’aîné , revient sur la nécessité , comme le dit alors  Benanteur , de «briser

 le silence dans lequel il est abusivement  maintenu ». Mais , ajoute Michel -Georges Bernard,  

 l’attention ne devait pas se resserrer autour de celui qui était l’un  des  premiers  représentants

de la peinture algérienne.

 

 

Il n’en est pas moins vrai que, pour répondre à cette exigence, un assez grand nombre   

d’actions  ont été entreprises avant le décès  de Guermaz en 1996, et naturellement après     

celui-ci, pour mieux le faire connaître et lui permettre de retrouver la notoriété : études et

recherches, publication d’articles et d’études critiques ,d’articles et d’ouvrages généraux,

organisation d’expositions,création de sites, et d’un blog  sur Internet.

 

 Sans pouvoir prétendre à l’exhaustivité , nous en  tiendrons  ici à l’essentiel.

 

1/Etudes et recherches :

 

- REY Pierre, avec le concours des amis et collectionneurs de Guermaz- 1997-2000: itinéraire

 de  Guermaz , analyse et détermination des étapes de l’œuvre, signification, approche

 de  la technique  picturale,  appareil critique...

 

2/Articles et études critiques :

 

-HADJARI O., « Guermaz, l’aîné  ,briser le silence », Ruptures, no 15, 20 au 26 av 1993.

-DADOUN Roger, «  Mon fils, mon fils ,pourquoi m’as-tu abandonnée », in 2000 ans

 d’Algérie  2 – Carnets Séguier,  Atlantica  éditions ,  Biarritz, 1998.

-REY Pierre, «   Abdelkader Guermaz ,peintre du silence et de la lumière »  , Paris ,2000.

-Dossier Guermaz,   Algérie Littérature /Action,   no 49-50, Paris ,  mars-avril  2001 :

        REY Pierre, « Retrouver Guermaz ».

        BERNARD Michel-Georges, «   Guermaz, voyage au pays de la lumière ».

        DADOUN Roger, «  Voir Guermaz »

-DADOUN Roger, «   Abdelkader Guermaz- Blancs silences sur mate splendeur du monde »,

 Colloque  Mémoire de la Méditerranée, Paris, Sorbonne, 14 novembre 2001.

-REY Pierre, «  Guermaz à la conquête du cosmos »,Algérie Littérature /Action, no 65-66,

 novembre- décembre 2002.

-HAREMBOURG Lydia, «  Les mirages crées par Guermaz », La Gazette de l’Hotel Drouot,

 no 19,  16 mai 2003.

-DADOUN Roger,  « Abdelkader Guermaz »,Le Monde Libertaire,no 1321,22-28 mai 2003

-DADOUN Roger, «   Guermaz l’admirable », Cultures en mouvement ,no 58, juin 2003.

-SKIF  Hamid,   «  Sur les traces d’un peintre disparu – GUERMAZ l’oublié »- Interview   

 de  Pierre Rey-  EL WATAN,  Alger,  28 juin 2007.

 

 

 

3/Articles et ouvrages généraux :

 

-BOUABDELLAH Malika, «  La peinture par les mots »  ,Musée National des Beaux- Arts

 d’Alger,  Alger, 1994.

-BERNARD Michel- Georges, « La peinture en Algérie,une chronologie », «  Les effets du

 voyage »,  25 artistes algériens »  ,  Palais des Congrès et de la Culture du Mans,

 1 au 31 décembre 1995.

-BERNARD Michel-Georges,   « L’invention du regard :Tahar Djaout et la peinture

 algérienne contemporaine »,L’Orycte,  Paris , 1994 ;in Algérie Littérature /Action, no 12-13,

 Paris  , avril- mai 1997.

-BERNARD Michel-Georges , « Les peintres algériens du signe ». Catalogue de l’exposition

 Peintres du signe,  Fête de l’Humanité,  La Courneuve, 1998.

-BERNARD Michel-Georges,  «   Algérie :peintres des deux rives »  , Artension,

  mars- avril 2003.

-BERNARD Michel-Georges , « Signes d’Algérie » , area revue,  no 5,septembre 2003.

-BERNARD Michel-Georges,  «  Lumières et signes – La peinture en Algérie »,Europe,

 81e année no hors série, novembre 2003.

-Le XXème siècle dans l’art algérien, coédition :aica –press/ AFAA, Paris, 2003, textes de

 Ramon  Tio Bellido, Malika Dorbani Bouabdellah, Dalila Mohammed  Orfali .

 -Insertion dans Wikipedia d’une notice sur Abdelkader Guermaz-1919- 1996 , série Peintres.

 

 

4/ Expositions :

 

-ALGERIE LUMIERES DU SUD  II :  GUERMAZ  , ADEIAO ,  Maison des Sciences

 de l’Homme ,Paris, 6- 31mai 2003, « Djazair , Une Année de l’Algérie en France ».  

-MERE  ALGERIE COULEURS DU SUD :participation de GUERMAZ ,Musée de Gajac ,

  Villeneuve  -sur- Lot , 12 septembre au 30 novembre 2003 .

-ALGERIE  PEINTRES  D’AUJOURD’HUI :participation de GUERMAZ, Cosmopolis,

 Nantes.

 

 

5/  Sites et blog:

 

 -Site  Internet : www.proscenium . ch   - Rivista  d’arte, cultura, musica e spettacolo , créee 

   par Donato RODONI , Lugano, Italie .Une place importante consacrée à GUERMAZ.

 -Site internet : www. guermaz.com - ouvert en février 2007 par Yann LE BRICQUIR,Paris.

 - Blog :  guermaz.over-blog.com  - ouvert en février 2007 par Yann LE BRICQUIR,Paris,

   pour   LE  CERCLE  DES AMIS  DE GUERMAZ,dont la fondation  a eu lieu

   le   30 janvier 2007 .

 

  

 

 Ces actions toutes  réunies , de recherche et de communication ,conduites déjà de longue date, ont permis de transmettre  au public, aux historiens d’art, à la critique et aux institutions muséales ,un nombre considérable d’informations sur la place qu’a occupée Guermaz dans la peinture  moderne de la seconde moitié du XXe  siècle et le contenu de son œuvre.

Celle-ci ne devrait plus attendre désormais très longtemps pour recouvrer la notoriété qu’elle mérite, et ceci , à  notre avis, pour plusieurs raisons : 

 

1/ Depuis déjà quelques années, l’attention des acteurs du marché se porte bien davantage qu’auparavant sur la  « peinture moderne classique » c'est-à-dire celle des maîtres des années

45 à 8O..

Ce fut , notamment, une des leçons retenues à la  Foire  d’Art Moderne + Contemporain ARTSPARIS, qui s’est tenue  au Grand Palais, du 3au 7 avril 2008.

Tous les courants et mouvements importants de cette période de l’art moderne du 20ème siècle y furent représentés de façon ,pourrait on dire, autonome : le Surréalisme , Cobra  , l’art  abstrait géométrique et l’abstraction lyrique, au sein de laquelle Guermaz aurait pu trouver une place de choix,   le courant  Support- Surfaces , le Nouveau Réalisme, et, naturellement, la Nouvelle Figuration  à l’honneur cette année.

On sait aussi que les plasticiens du Moyen -Orient  y disposaient de leur propre espace d’exposition intitulé «  Traversées »,signe d’intérêt nouveau pour les artistes orientaux

.

Ce que l’on a observé à Paris se reproduira  en 2008  à Cologne, Chicago, Moscou,

Séoul et Abu Dhabi. La «  peinture moderne classique » a désormais toute sa place dans les catalogues des grandes galeries  à vocation internationale.

 

2/Deux toiles de Guermaz,de 1972 et de 1975, viennent de faire l’objet d’une donation, par Pierre Rey ,à  l’Institut du Monde Arabe  à Paris,  qui l’a chaleureusement  acceptée. Cette donation  vient combler une lacune grave : il n’y avait aucune toile  de Guermaz dans les collections de l’Institut, et il était donc exclu que celui ci soit représenté , aux côtés de celles  de Benanteur ou de Khadda à l’exposition  « Art contemporain arabe » quis’est tenue à  l’Institut  de décembre 2007 à mars 2008.

  Ce fut , bien sûr un moment important pour Guermaz de voir ainsi reconnus, par cette grande institution muséale,  le rôle éminent qu’il a joué, avec ses amis peintres, dans la fondation de l’art moderne algérien, son immense talent , et le très haut niveau de son inspiration.

Son oeuvre ,représentée  par ces deux tableaux, sera exposée aux cimaises  des 

expositions  organisées dans le monde arabe par l’Institut avec celles d’autres artistes de la collection du Musée.

 

Puissent d’autres amis de Guermaz, détenteurs d’une importante collection de son œuvre,

adopter la même démarche qui contribuera à accroître sa notoriété.

 

 

 

3/Dans un article qu’il avait  publié dans le grand journal  algérien  El Watan ,  en juin

 2007,  et qui a été mentionné plus haut ,  Mr Hamid  Skif, poète, écrivain talentueux

 et  journaliste algérien,  avait fait part de son projet d’écrire et de faire publier une « Biographie » de Guermaz, accompagnée d’un film documentaire et d’autres actions de communication destinés à  redonner à Guermaz,  dans le meilleur délai possible , la notoriété qu’il mérite.

 

 Nous savons que ce projet prend forme et que son auteur y travaille activement. Les délais

 qu’il s’est fixés  pour cette biographie seront tenus, en toute probabilité.

 

 Nous  considérons , à juste titre, que ce projet, que soutient le Cercle des Amis de Guermaz,

 va donner une impulsion décisive  aux efforts qui ont été consentis jusqu’à présent pour    

 faire connaître son œuvre, lui redonner la place qu’il a brillamment occupée naguère dans

 ce qu’il est convenu d’appeler « l’art classique moderne », et  permettre de lui rendre

 hommage.



Pierre REY

 

 

 

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 12:52

NOTORIETE  DE  GUERMAZ-  (1919-1996)

 

 

3/4 Guermaz , la reconnaissance de la critique :

 

L’œuvre de Guermaz a bénéficié d’une grande visibilité en Algérie  à la galerie Colline dans  les années 45 à 60. Puis il s’est imposé progressivement à Paris lorsqu’il s’y est établi  en 1961,  en présentant son oeuvre  dans des galeries et au Musée des Arts  Décoratifs , nous venons de le voir, en compagnie de ses amis algériens et européens d’Algérie , mais aussi dans les Salons.

Il a ensuite  acquis une pleine et entière notoriété à la galerie Entremonde dans les années 70.

 

Dans l’Echo d’Oran ,vers 1950, Eugène Cruck écrit : « Voici un jeune peintre oranais qui, malgré sa grande modestie,atteindra à la notoriété avant peu de temps... »

.

Dans Oran Républicain , L.R. (Robert Martin), écrit à son tour vers 1955 : «Ce que l’on trouve dans les récentes toiles de Guermaz, c’est, sur la base d’une solide construction,un harmonieux équilibre des couleurs, et parant l’ensemble,une fraîcheur et une distinction qui le rendent fort séduisant....Guermaz se montre un artiste authentique qui, serrant la vérité de près,s’efforce de  l’exprimer par des formes nouvelles. ».

 

Dans Oran Républicain,, on relèvera  ce texte de Michel  Desclaux sous le titre de « Guermaz, peintre du silence » : « Silencieux,discret ,fuyant le bruit, l’agitation, Guermaz est un peintre sérieux. Avec patience il poursuit depuis plusieurs années une recherche originale, qui ne tolère aucune concession à la facilité, au frivole, au goût du jour ». Et, un peu plus loin :

« Sa technique, son intelligence, sa culture, contribuent à créer un faisceau de forces qui s’harmonisent en une synthèse évolutive, perpétuellement dépassée recomposée plus exactement sans que n’apparaisse la faille mortelle de l ’improvisation . »

 

Que de qualités  déjà  relevées par la critique chez Guermaz :  authenticité, solidité ,recherche de l’harmonie,mais aussi  maîtrise dans la création de formes  nouvelles...

 

 

En 1961 il est désormais établi à Paris et s’est engagé progressivement vers l’abstraction. Ce

sont ses « Compositions abstraites » des années 60  que caractérise ainsi  Jean – Jacques Lévêque dans sa préface à l’ exposition « Six Peintres du Maghreb »,en 1966, en témoignant avec une grande justesse de  l’évolution de son regard sur le monde ,désormais plus intériorisé :

 

«S’il fut un observateur attentif du  monde , Guermaz  a su progressivement se libérer du poids des choses,dépasser le jeu des formes, des apparences, pour recueillir ce qui est au  cœur des choses, choisir l’esprit au concret. Mais ses œuvres n’en ont pas pour autant perdu leur saveur, cette véracité qui fait le regard complice des choses avec lesquelles il entre en   « contact ».

 

On sait que la peinture de Guermaz  a pris un tournant décisif à la fin des années 60. S’il reste fidèle à l’abstraction ,il aspire à un certain dépouillement. Dans maintes de ses œuvres, le blanc se substitue peu à peu à la couleur. En lui se révèle, comme chez la plupart des artistes et écrivains de sa  génération  , une prédisposition au mysticisme. Désormais son pouvoir créateur prend sa source dans la méditation.

Rêva Rémy en témoigne, dans « Guermaz ».Sl,vers 1970 :

 

« Quel   recueillement ,  quel silence contemplatif dans les œuvres de Guermaz. Ses nouvelles toiles nous prouvent son cheminement  intérieur  ,depuis  les peintures aux  ardences volontaires  qui étaient un hymne à la réalité coutumière. A présent l’artiste semble avoir pris de l’altitude avec ses chants aux sonorités blanches » .

 

Le silence est créateur et le vide de la toile blanche se peuple bientôt de signes, taches de couleur ponctuelles qui bientôt s’assemblent en de petits ensembles colorés. L’espace vierge se délimite et se construit ; des plans apparaissent où prennent place des reliefs qui  s’ouvrent sur l’horizon du  ciel  . Ces compositions sont  devenues des « paysages » , lieux de mémoire, certes, ou lieux « mythiques »  ,mais plutôt ,  pensons nous ,le témoignage des premiers pas qu’il accomplit sur la voie de la sagesse  et  la preuve de son engagement  spirituel.

Jean –Marie Dunoyer , dans « Transmutation des valeurs »,Le Monde, 15-16 janvier 1978, en

a  parfaitement compris le sens et nous le confirme  en des termes  d’une grande profondeur : 

 

Guermaz   affine sa manière , la sensibilise à l’extrême .La contrée  qu’il crée et modèle de toutes pièces  ,qu’il aménage pour son confort -  si toutefois l’état contemplatif  peut être , à un certain degré , conçu sans ascèse-   formée de hautes falaises, de  prairies, de nappes d’eau  ,secrète sa propre lumière : un cosmos de soleils intérieurs ».

 

Mais à mesure qu’il progresse sur la voie de la sagesse, et que son silence intérieur s’approfondit, ses « paysages »  s’épurent .Les ensembles colorés se font plus rares Un univers de roches mises à nu se dévoile et s’ouvre vers l’infini...

 

Roger Dadoun , un des meilleurs connaisseurs de la pensée et de l’œuvre de Guermaz,

l’interprète  ainsi , dans « Guermaz », La Quinzaine Littéraire, 1 au 15 février 1980 :

 

 « Peintre du Transfini  (selon l’expression de Verdiglione)  Guermaz, avec la virtuosité d’un

Maître du Zen (ses toutes petites toiles sont des Mandala ! )  trace ses sentiers de méditation

sur d’immenses plages d’univers- Minutes de sable mémorial ... »

 

 

       Pierre REY

 

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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 12:49

NOTORIETE  DE  GUERMAZ-  (1919-1996) 

 

 

2/4 Guermaz, une participation active à des expositions et des Salons de peinture :

 

Guermaz  , adolescent, manifesta de très bonne heure des dispositions artistiques .A sa sortie, à la fin des années 30 ,de l’Ecole des Beaux Arts d’Oran  dont il fut le seul étudiant algérien, suivi quelques années plus tard  par Benanteur , il est remarqué par Robert Martin  qui vient d’ouvrir  à Oran  une galerie d’avant- garde, la galerie Colline.

 Il y  participera  , tout au long des années 45 à 60 , à des expositions collectives d’artistes algériens et d’origine européenne. Invité à la Biennale de Menton en 1951  ,il sera aussi présent  en 1959  à l’exposition « Panorama de la Peinture en France de Picasso à Bernard Buffet » à Oran et  réalisera en 1960 à Mostaganem  une exposition personnelle  à la galerie Sésame.

C’est de 1961 que datera l’une de ses œuvres non-figuratives majeures, sa première, sa grande fresque pour le Conseil Général de Mostaganem.

 

La même année, il s’établira à Paris. Son œuvre y sera représentée en 1962 et 1963   dans des expositions collectives à la nouvelle galerie de Robert Martin.

.

A Paris, il retrouvera les peintres algériens ou d’origine européenne qui l’y avaient précédé. Ces rencontres joueront un rôle décisif dans leurs démarches respectives. Ses oeuvres côtoieront celles de Benanteur, Bouqueton et Khadda à l’exposition « Dix  Peintres du Maghreb » à la galerie  Le Gouvernail en 1963, et elles seront aussi présentes en 1966 à l’exposition « Six Peintres du Maghreb » à la galerie  Peintres du Monde.

 

Guermaz  maintiendra toujours le contact avec l’Algérie .Il sera représenté à l’exposition collective  «Peintres Algériens » qui s’ouvre le 1er novembre 1963 à Alger, ainsi qu’à celle du même nom  au Musée des Arts Décoratifs à Paris en 1964 .

Il sera encore présent aux Salons de l’UNAP de 1964 et de 1974, de même qu’à la galerie 54

(Jean Sénac) en 1964, à l’exposition «  Reflets et Promesses »  de la Galerie de l’ UNAP en 1966, enfin à l’exposition « Peinture  Algérienne Contemporaine » du Palais de la Culture à Alger en 1986.

 

Ne faisant pas encore l’objet à Paris d’expositions régulières dans une galerie il présentera son œuvre dans les Salons, Salon Comparaisons, Salon de Mai, Salon  d’Automne ,et sera invité, en compagnie de six jeunes artistes , à l’Orangerie du Luxembourg en 1971.

 

Il sera bientôt présent en permanence  à la galerie Entremonde , rue Mazarine à Paris, dont il recevra l’appui pendant dix années. Il y réalisera une exposition de groupe en 1973, puis des expositions personnelles en 1974, et  régulièrement chaque année  de 1976 à 1981. Mise enfin

en  pleine  lumière , son œuvre obtiendra la reconnaissance qu’elle mérite, du public, de la critique, et des Institutions muséales . Son talent  et sa maîtrise en seront récompensés.

 

Ces manifestations lui permettront d’acquérir une réputation internationale. Il sera invité à participer au Salon des Arts Plastiques de Tokyo en 1972, à  l’ «  Exposition Internationale   des Arts » de Téhéran en1974, à l’exposition « Art Arabe Contemporain de Tunis en 1980.

Présent à  Londres en 1981, il créera des cartons de tapisserie pour l’aéroport de Riyad en Arabie Séoudite.

 

 

       Pierre REY

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