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A Propos De Guermaz

  • Le cercle des amis de Guermaz
  • Abdelkader Guermaz est un peintre non figuratif de la nouvelle Ecole de Paris,l'ainé de la génération des fondateurs de l'art algérien moderne.

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 14:29

Dans les années 1980-1995, Guermaz tourne obstinément son regard de voyant vers les astres – et voici qu’en notre imaginaire s’exclame la chute obsédante du poème saturé de « L’Azur » de Mallarmé : « L’Azur ! L’Azur ! L’Azur ! L’Azur », soulevant cette équivalente obsession de Guermaz : L’éther ! l’éther ! l’éther ! l’éther ! De Horizons éthériques, 1980, à Astral conceptuel III, 1995, le concept d’éther est fouillé, empoigné, sommé de produire les formes adéquates, de se réfracter en figures (compositions en pans ou bandes juxtaposés dans leur quant-à-soi, travail des bleus gris jaunes « éthérés » qui semblent dériver nonchalament vers une commune dissolution) qui puissent nommer dans une même Vibration (« Frétillement » est utilisé par mégarde, il ne fait pas le poids) l’ici-bas auquel l’artiste est viscéralement attaché (blocs de densité couleurs-géométrisme fermement logés au centre du tableau) et l’au-delà qui dans sa propre tête s’étend en infinis distendus et galaxies spirituelles.

Ne lui aurait pas déplu, croyons-nous, le terme d’ « éthérance » pour désigner à la fois son obsession et les exécutions magistrales (maître Guermaz !) qui la développent et la transcendent. Ses « éthers », pour titrer cette série d’œuvres, sont de ceux qui à la fois disent le simple ciel verlainien au-dessus de notre tête (éthers entre’aperçus parfois dans un suspens gracieux de nuages), les cieux-cobayes que pourchassent les énormes yeux astronomes braqués, et les flous et communs « éthers » où vont s’égarant, espérant s’y retrouver, les cosmologies tant scientifiques que philosophiques ou gnostiques.

Errances dans l’Espace-temps : non celui breveté Einstein, mais celui, fugace, après lequel court le peintre qui le crée avec ses couleurs à lui, sa saisie consciente et inconsciente de la réalité, ses conceptions surréelles. Pérégrinations de Guermaz l’urbain en quête des points, lignes, plans propices à la prise médusante du tableau – viennent-ils du ciel ou de la terre ? Il nous faut errer avec lui – cela se dirait, en latin cuisiné franco : errer humanum est. Errer avec Guermaz - co-errer- dans les grandes largeurs de ses toiles. Inquiète, vibratile, notre co-errance se fait, dans l’alliance joutante du voir et du vu, sereine et ironique cohérence guermazienne.





Roger Dadoun
Mars 2012

 

 

 

 

Quelques références :
Astral conceptuel III, 199
Vibration thématique, 1993
Cristallisations cosmiques, 1981
Espace temps fugace, 1984
Vision planétaire, 1985
Horizons éthériques, 1980
Vibrations astrales, 1981

 

 

 

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Publié par : Le cercle des amis de Guermaz - dans actualités
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