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A Propos De Guermaz

  • Le cercle des amis de Guermaz
  • Abdelkader Guermaz est un peintre non figuratif de la nouvelle Ecole de Paris,l'ainé de la génération des fondateurs de l'art algérien moderne.

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 13:44
"Ce texte est extrait du numéro 5  de KALILA, revue du Centre Culturel Algérien, 
Septembre à Decembre  2009 , page 10."

Abdelkader Guermaz (1919-1996) est l’un des premiers représentants de la peinture non-figurative en Algérie. Si son oeuvre le rattache à la génération algérienne des années 30, il est cependant d’une dizaine d’années l’aîné d’Issiakhem et Khadda, Baya, Benanteur et Mesli ou Aksouh.


Né à Mascara, Guermaz poursuit de 1937 à 1940 de brillantes études à l’École des Beaux-Arts d'Oran où il se fait remarquer par ses qualités de dessinateur. Récompensé par plusieurs prix, il obtient parmi les premiers Algériens le diplôme qui lui permettrait de devenir professeur de dessin. Il préfère se consacrer, dans des conditions matérielles difficiles, à la peinture et présente dès 1941 ses oeuvres dans des expositions collectives. « Il était miraculeux de voir un Algérien faire de la peinture et l’exposer. Peut-être que sans lui nous n’aurions pas fait de peinture, il nous montrait que c’était possible », se souviendra Benanteur.


Dans les années 50 la peinture de Guermaz se libère peu à peu de la représentation. Installé à Paris en 1961, il participe en 1963 et 1964, parmi les « peintres de la Nahda », de la Renaissance algérienne, comme écrit alors Sénac, aux premières manifestations organisées à Alger après l’Indépendance, au Musée des Beaux-Arts où plusieurs de ses oeuvres sont introduites ainsi qu'à la « Galerie 54 », et simultanément à Paris à l’exposition « Dix peintres du Maghreb » et à une présentation plus complète des « Peintres algériens » au Musée des Arts Décoratifs.


Les « Rythmes abstraits » qu'il expose alors manifestent combien Guermaz a conquis en peu de temps les éléments de son langage personnel. Autour de 1970, un grand vent de clarté passe sur ses peintures, efface un moment la couleur. Les signes qu'y font apparaître les empâtements de la matière remplacent le graphisme qui structurait auparavant ses oeuvres puissamment colorées.


Dans les années suivantes, en un nouvel épanouissement de son art, Guermaz rentre dans la voie qu’il ne cessera plus d’explorer. Ses « Paysages imaginaires » multiplient collines et « Falaises » qui répercutent au plus loin leurs échos. Derrière l’horizon, une succession de terres inconnues se donne à traverser, jusqu’à d’autres versants qui poursuivent à leur tour le cheminement de la lumière. A l’une de ses œuvres il donne en 1978 le titre de « Terre d’enfantement » : et c’est bien cet enfantement dans lequel l’espace ne cesse d'étendre et de soutenir le visible que fait approcher sa peinture.


Qui se préoccupe, interrogeait Tahar Djaout en 1981, des artistes qui, au lendemain de l'Indépendance, « avaient beaucoup donné d'eux-mêmes pour assurer un essor à l'art naissant de leur pays ? ». Evoquant Guermaz, il concluait qu'il était impossible « pour nous de renoncer à la richesse prospective de leur touche et à leur généreux talent ». Aujourd'hui se trouve remis au premier plan l'oeuvre de celui qui fut, comme le nomme Pierre Rey dans l'essai qu'il lui consacre, le « peintre du silence et de la lumière ».

 

Michel-Georges Bernard


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Publié par : Le cercle des amis de Guermaz - dans actualités
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