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A Propos De Guermaz

  • Le cercle des amis de Guermaz
  • Abdelkader Guermaz est un peintre non figuratif de la nouvelle Ecole de Paris,l'ainé de la génération des fondateurs de l'art algérien moderne.

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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 05:08

G U E RM A Z 
La vie intérieure et l’œuvre  du  peintre , une  seule  Réalité. 


Dans un texte, retranscrit par nos soins, Guermaz écrit à propos de Georges Rouault :

« La vie et l’œuvre du célèbre peintre ne sont à vrai dire que deux aspects complémentaires d’une même Réalité. Elles coîncident en quelque sorte ».(cf. Pleins feux sur Georges Rouault) 

Ce  jugement qu’il porte sur la relation établie entre la vie intérieure  de Rouault  et son œuvre, il le porte aussi sur ce qui relie son œuvre personnelle à sa démarche spirituelle. 

Nous savons que son œuvre en est, pour l’essentiel, le témoignage  et l’accomplissement.

Guermaz le confirme et le souligne très longuement , notamment dans le texte, non publié, de l’interview que Donato Rodoni a faite de lui , dont nous donnerons ici quelques extraits significatifs. (Paris 1992). 

A cet égard il est intéressant de souligner que l’œuvre de Guermaz , qui est celle d’un mystique, aurait eu sa place,tout naturellement, parmi celles dont le Centre Pompidou a considéré   - dans sa grande exposition intitulée Traces du Sacré », ouverte du 7 mai au 11 août 2008  -qu’elles sont une des « sources de la modernité ».Guermaz retrouverait, à cet égard, une actualité ! 

Alfred Pacquement , commissaire général de l’exposition , et  Directeur du musée national d’art moderne /CIC   écrit en effet :

«  L’état actuel des recherches est sans aucun doute propice à une relecture de l’art occidental du XXe siècle à l’aune du spirituel ».

.

Jean de Loisy, commissaire de cette exposition , écrit aussi : « Nous voulons montrer la place de la spiritualité dans l’invention des formes modernes et contemporaines ».  .Il ajoute :

« Au XXe siècle, le « religieux » cède la place au « spirituel »,  aux grandes questions ontologiques qui sont réinterprétées par de nombreux artistes actuels ».

C’est le propos de l’exposition. – cf :Connaissance des Arts –no 360- 2008-Traces du Sacré. 
 


QUELQUES  TEXTES SIGNIFICATIFS DE GUERMAZ


L’œuvre   et  son  Créateur

(   Interview de Guermaz par Donato Rodoni  -Paris  1992   )

 


 

Le  tableau :

Il y a une œuvre, une œuvre qui restitue et le créateur et la création elle-même .Je suis le tableau et le tableau est mon rayonnement....il y a ce mariage spirituel, qui émane de l’esprit,     puisque la relation s’étend de la matière à l’esprit et de l’esprit à la matière... Le métier est nécessaire, mais  le fondement est intérieur.... Il n’y a donc ni extérieur ni intérieur. Il y a une œuvre ,une œuvre qui nous concilie tous, puisque l’œuvre, aussi bien pour celui qui la façonne,qui la crée ,que celui qui la regarde : c’est une seule entité.            
 
 

La composition du tableau :

La chose est fondamentale...li faut chercher des rapports de lignes, des rapports de courbes et de formes. Ces formes s’appellent aussi des plans... des plans et des lignes maîtresses qui s’enchevêtrent entre elles mêmes...et...qui font que le tableau est un tableau composé.

De même que l’on compose un décor, de même qu’il y a une composition musicale où l’on se sert d’éléments musicaux, c’est la manière de les répartir qui donne plus ou moins de bonheur,  une harmonie centralisée ou générale qui touche, qui touche peu ou qui touche beaucoup.. 

Une « harmonisation centralisée ou générale... » :

Dès lors que l’on arrive à une harmonisation générale, on peut dire qu’il y a un mariage, il y a une plénitude... c’est l’unité qui est belle, qui est savoureuse, et donc il n’y a plus d’amateur qui contemple,mais il y a simplement une contemplation qui unit et le peintre, le musicien et l’œuvre elle-même, qu’elle soit musicale ou picturale. 

A ce moment là on peut dire que la dualité est exclue ,... le sentiment touche le cœur et le cœur touche le sentiment. Alors il y a une sorte de religiosité, de relation entre l’œuvre et l’esprit , autrement dit l’alliage entre l’esprit et la matière, qui foncièrement ne font qu’un. 

Et dans ce sens on peut dire que le « un » n’est pas « un » pour lui-même qui appellerait             d’autres multiples, mais un « un » symbolique qui rassemblerait les multiples, qui sont autant de « signes » évocateurs. 

Un rayonnement cosmique réfléchi et répandu sur la toile :

Si l’on considère chaque époque, on peut dire qu’il y a une sorte de fluide pour chaque époque, et que le peintre, stimulé par cette aura, en quelque  sorte, par ce rayonnement cosmique, produit une œuvre, mais selon des  signes qui sont à la fois cosmiques et qui émanent aussi du créateur lui-même.

Là aussi on retrouve l’idée de relation... celle selon laquelle le peintre subit en quelque sorte

un envoûtement spirituel qui touche aussi bien l’œuvre que l’artiste..

Et dans ce sens , l’artiste n’est que le véhicule, en quelque sorte qui réfléchit cette lumière cosmique et qui la répand sur la toile. 
 

La méditation, grâce à laquelle le méditant « retrouve  son origine » , est devenue ,par étapes, la  source du pouvoir créateur de Guermaz . 

 

La conception de l’homme , du monde, et de l’œuvre  reflet de l’Unité primordiale, que nous révèle la lecture des textes de Guermaz  que nous venons de retranscrire, est dans le droit fil

de la pensée des grands maîtres du Soufisme , dont on pourra prendre connaissance, notamment, dans : Anthologie du Soufisme- Eva de Vitray-Meyerovitch-  Spiritualités vivantes ,Albin Michel, juin 1998.


                                                                                                                                 Pierre   Rey  

                                                                                      

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Publié par : Le cercle des amis de Guermaz - dans actualités
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